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Portrait chinois de Jean-Frédéric Buzzi Menudier

Jean-Frédéric Buzzi Menudier, superviseur

Dans ma pratique de superviseur,

Si j’étais un village, j’offrirais des espaces comprenant une résonance de l’homme et de l’animal avec l’expressivité des formes architecturales. Un village qui donne une respiration, une circulation, un appel à l’ouvert pour laisser surgir là où on ne l’attend pas une perspective nouvelle. Une apparition pour des regards candides qui se laissent porter à redécouvrir la beauté du monde. Un village qui s’en remet à la sensibilité de ses habitants et à leur capacité à se délier.

Si j’étais une œuvre d’art, je ne serais pas une représentation, mais une invitation à un état d’émergence et d’origine, une forme qui n’existe qu’à l’espace qu’elle réquisitionne. La présence du spectateur à l’apparaître de l’œuvre est la vocation de cette dernière. Je serais un paysage qui englobe, qui laisse découvrir par l’être une dimension inattendue.

Si j’étais un désert, je permettrais çà et là que des oasis rafraîchissent les voyageurs, puissent prendre soin d’eux, je porterais des inscriptions qui appellent à la mémoire et interrogent les croyances, je serais ami avec une étoile qui indiquerait la route.

Enfin, je ne saurais imaginer être un poète, car je porte en trop haute estime la poésie, qui donne au langage sa fonction véritable d’abri de l’Être. Mais je me blottirais bien près de ces vers d’Hölderlin dans l’aède aveugle :

A sa suite ô ma Lyre ! il vit avec lui / Mon chant, et comme la source accompagne le fleuve / Là où il pense, là je dois aller et / J’accompagne l’Assuré sur la voie de l’errance.

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justo diam Nullam Praesent venenatis tempus