Supervision de thérapeutes ou de coachs : quelles différences ?

De mon point de vue, une supervision a pour intention de soutenir et d’éclairer le professionnel sur les processus en cours. Il peut arriver que coach ou thérapeute soit trop pris intellectuellement par le contenu de la demande, qu’il se sente cerné par des enjeux émotionnels, affectifs ou d’urgence de résultats. La supervision est là pour permettre du recul, observer les processus relationnels à l’œuvre dans l’accompagnement (projection, identification par exemple),  repérer les processus parallèles (y compris dans la situation même de supervision), et les phénomènes transférentiels dans lequel le professionnel (et le superviseur) peuvent être captifs.

En cela rien ne distingue une supervision de thérapeute d’une supervision de coach.

Le descriptif de la situation travaillée en supervision va permettre d’observer s’il y a des indicateurs de pathologie qui nécessitent une vigilance accrue sur des comportements (dépendance, signes d’épuisement …)

En cela à nouveau, pas ou peu de différences.

Pas ou peu de différences encore sur les questions relatives à la déontologie ou au cadre de travail, même si certains aspects fonctionnels peuvent différencier ces deux pratiques.

La demande du professionnel, thérapeute ou coach en supervision, se conclut souvent par cet aveu : « Je ne sais plus quoi faire ».  Là encore l’enjeu de la supervision sera de déplier la posture mise en avant pour que le professionnel se sente engagé à être là dans  un face à face favorisant l’émergence des réponses par le client lui-même. Il s’agit moins, pour la supervision, de répondre à la question « quoi faire » que « comment être ». En thérapie, comme en coaching, le meilleur outil du professionnel c’est lui-même.

 

Alors où résideraient des différences ? La demande de thérapie est en général provoquée par une souffrance existentielle que le patient souhaite soigner. La demande de coaching est en général explicitée par une demande de changements, repérable par des résultats escomptés. C’est à ces deux endroits distincts dans leur priorité, que coach et thérapeute sont sollicités, chacun pour leur part. Dans son attention à la souffrance de son client, le thérapeute ne pourra pas évacuer la nécessité d’un changement par des mises en acte. Quant au coach, dans son intention d’accompagner le changement, il ne pourra pas évacuer les enjeux relationnels ou affectifs qui perturbent ce travail. Le superviseur sera attentif à l’une ou l’autre des priorités et s’y tiendra, pour qu’il y ait cohérence entre la demande du client, le travail du coach, ou du thérapeute, et la pratique de la supervision.

 

Jean-Paul SAUZEDE

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