LES COMPÉTENCES SPÉCIFIQUES DU SUPERVISEUR

Voici ci-dessous le résultat du travail de la « commission des compétences spécifiques du superviseur », qui s’est réunie pendant plus d’un an. Nous souhaitions déterminer des compétences spécifiques à la supervision qui puissent être communes aux différents superviseurs de coachs, de managers, des personnels hospitaliers, travailleurs sociaux et thérapeutes. Bien sûr, nous avions conscience que chaque type de supervision a des compétences complémentaires, voire absolument exclusives :

Ainsi, si le superviseur de coachs doit avoir conscience des éléments transférentiels, il n’en est pas pour autant nécessairement expert comme doit l’être un psychothérapeute.

 

Nous avons confronté et enrichi notre travail d’ateliers tenus lors de notre AG 2016, d’avis de tiers et des regards croisés de superviseurs d’autres disciplines lors de l’atelier de juin mené par Martine Volle et René-Louis Hadjaj. Il a tenu le choc de leur attention scrupuleuse. Ce travail fut finalisé par Monique Jansen, Jeanne-Elvire et Arnaud Constancias. Le voici donc ci-dessous. Nous l’avons voulu suffisamment détaillé pour refléter la réalité de notre métier et en même temps synthétique pour rester opérationnel et impactant.
Les compétences spécifiques du superviseur

 

 

Expertise et connaissances :

Développer pour lui-même et les praticiens qu’il accompagne une très bonne connaissance dans les trois domaines :

intrapsychique, interpersonnel et systémique.

Développer une connaissance la plus large possible des référentiels, outils et méthodes d’accompagnement existants et émergents.

Intégrer des modèles théoriques différents et faire le lien avec sa pratique.

Etre habile dans l’accompagnement rationnel, émotionnel et symbolique en disposant d’outils et de méthodes idoines.

 

Conscience et réflexivité :

Développer la conscience des processus parallèles, transferts et contre transferts chez le praticien et lors de la séance de supervision.

Valoriser l’importance du cadre dans la relation superviseur/supervisé et coach/coaché et de ce qui se joue autour de ce cadre : rapport à l’autorité, aux limites, aux permissions, protections…

Explorer la zone d’ombre du supervisé avec son accord : le superviseur dispose des connaissances et des savoir-faire nécessaires pour souligner les effets que peut avoir la zone d’ombre du supervisé, à son insu, sur l’accompagnement de ses clients.

Clarifier les contours du coaching, de la thérapie, de la formation et du conseil.

Réflexivité :  permettre au coach de développer sa capacité à analyser ses interventions, ses pensées et ses propres émotions pendant et après une séance de coaching.

 

Ambiguïté et incertitude :

Développer chez le coach la capacité à accepter des situations de tension et de confusion pendant le coaching sans rechercher un apaisement immédiat ou des solutions rapides.

Etre ouvert à de multiples compréhensions, éviter le piège des oppositions (« et » plutôt que « ou »).

Savoir naviguer dans l’implicite et l’ambiguïté, agir avec le doute et l’incertitude.

 

Déontologie et éthique :

Développer la connaissance des règles déontologiques du métier ainsi qu’une détection plus fine des dilemmes éthiques entre les valeurs personnelles et les règles professionnelles et contractuelle. Conduire un discernement éthique.

 

Développement professionnel et personnel :

Formaliser la relation dans un contrat de développement spécifique de la supervision en lien avec les besoins évolutifs et la maturité du praticien.

Favoriser un développement professionnel continu sous forme de lectures, formations, implication dans des communautés

professionnelles, publications, contribution à la recherche.

Favoriser un développement personnel continu sous forme de thérapie, philosophie, développement personnel et connaissance de soi.

Affiner la connaissance des formations du marché pour le développement des coachs, ainsi que de l’actualité du coaching et de la supervision.

 

Identité et hygiène :

Contribuer à la clarification progressive de l’identité du coach ou du praticien.

Prendre en compte l’hygiène du coach ainsi que les conditions matérielles d’exercice de sa pratique.

 

Curiosité et culture :

Etre à l’affût des découvertes des neurosciences, des modèles sociétaux aux et des évolutions du travail et des organisations

Développer ses compétences en matière de créativité afin d’accompagner le praticien dans l’élaboration de solutions inédites.

Favoriser une sensibilité aux dimensions artistique et spirituelle, le goût de la lecture. Apporter des références bibliographiques.

 

Compréhension des systèmes :

Susciter chez le praticien la compréhension des systèmes : organigrammes, hiérarchies, cultures et valeurs d’entreprise, relations, enjeux et jeux de pouvoir, le leadership et ses évolutions, les différences générationnelles et la diversité.

Savoir travailler avec un système large à plusieurs dimensions, par exemple le client et son organisation, le supervisé et son client, le groupe de supervision.

 

 

 

Supervision de groupes :

Savoir gérer la dynamique collective et assurer le développement du groupe en étant conscient des étapes franchies successivement.Savoir identifier et nommer ce qui se passe dans le groupe et explorer l’impact sur le processus, sur les membres et sur les acteurs.Savoir utiliser des outils spécifiques à la supervision collective.

 

Version octobre 2017

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Ce référenciel vise à déterminer des compétences spécifiques à la supervision qui puissent être communes aux différents  superviseurs de coachs, de managers, des personnels hospitaliers, travailleurs sociaux et thérapeutes, en ayant conscience que chaque type de supervision a des compétences complémentaires, voire absolument exclusives :

ainsi le superviseur  de coachs doit avoir conscience des éléments transférentiels, il n’en est pas pour autant nécessairement expert comme doit l’être un psychothérapeute.

 

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