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Le travail de l’histoire de vie en supervision de coachs

Au cours d’une session de formation d’un groupe de superviseurs, pour la plupart, déjà en exercice, j’ai constaté leur grand intérêt pour les apports théoriques et méthodologiques permettant la prise en compte de l’histoire de vie du client, tant dans leurs pratique de coach que dans leur activité de superviseur. En effet, la supervision socianalytique, que j’avais été invité à leur exposer, prend en compte deux histoires connectées entre elles : celle du coaché et celle du coach.

C’est pourquoi, je souhaite dans ces quelles lignes montrer l’intérêt qu’a le superviseur à travailler 1) sa propre histoire de vie, 2) celle du coach qu’il supervise et 3) les intrications entre l’histoire du coach et celle du coaché. En effet, non travaillées, ces intrications d’histoires risquent de s’emboiter comme des poupées russes.

 

Qu’est-ce qui caractérise notre démarche de supervision ?

 

Disons au préalable que la supervision socianalytique découle d’une conception humaniste et existentialiste de l’individu en situation. Le superviseur rencontre le coach à un moment du développement professionnel de ce dernier et envisage la relation avec lui sur le mode du compagnonnage, du cheminement et de la co-construction. Rappelons ensuite que pour mettre en œuvre ce type d’accompagnement, nous articulons les apports de la philosophie existentialiste (Sartre), de l’analyse institutionnelle (Lourau), de la sociologie clinique (de Gaulejac), des sciences de l’éducation (Pineau, Delory-Momberger) et de la psychosociologie  (Enriquez). En effet, le superviseur (comme tout accompagnant) accompagne un individu qui est dans une situation x ou y, comprise comme moment de totalisation de son passé, de son présent et de son avenir. Tout accompagnant accompagne cet individu en étant à l’écoute de son historicité, c’est-à-dire de sa capacité non seulement à « avoir » une histoire mais à faire évoluer celle-ci. Par conséquent, dans la relation d’accompagnement superviseur/coach, le superviseur accompagnera le coach (dans son analyse de ses cas de coaching) en tenant compte du  passé du coach, c’est-à-dire de ce qui l’a construit sur le plan relationnel, psychique et émotionnel.

 

Cela passe par une étape clé qui consiste à proposer au coach un travail sur son histoire de vie, surtout si celui-ci n’a pas déjà fait un travail  analytique conséquent sur lui même. Car ce n’est qu’en travaillant sur son histoire, que le coach analysant peut sélectionner et choisir ce qu’il/elle souhaite s’approprier de ce qui lui a été transmis comme valeurs, représentations, peurs, croyances, pensées auto-limitantes, interdits et autorisations qui sont plus ou moins consciemment présents dans sa pratique et à l’origine du transfert ou du contre transfert entre lui et son client.

 

Mais que signifie  « travailler sur son histoire » ?

 

Nous proposons au coach d’explorer son histoire à partir d’un outil : le schéma socio-biographique. Nous l’invitons à élaborer ce schéma en y localisant les situations significatives de sa vie (personnelle, professionnelle et éducative) et de porter une attention toute particulière aux moments de dérangement, de changement, de crise, de conflit, de ruptures et de décisions, c’est-à-dire à toute une série de situations qui ont dérangé son parcours de vie. Nous avons en effet constaté que c’est l’analyse du dérangement et de ses effets qui permet de mettre à jour les éléments analyseurs constitutifs de cette situation.

Une autre séquence de ce travail de l’histoire de vie consiste à explorer les relations, les connexions, les tensions ou les contradictions entre les différents éléments constitutifs de ce parcours.

L’analyse de chaque situation vécue se fait de deux manières : de manière diachronique (en relation avec le passé de la personne) et  synchronique (en relation avec le présent de la personne) de façon à pouvoir identifier des comportements à la fois sous l’angle de leur « genèse » mais aussi sous l’angle de leur manifestation dans l’ici et maintenant des situations actuelles.

Enfin, cette analyse s’effectue en prenant en compte d’une part, les relations individuelles, groupales et organisationnelles et, d’autre part, le niveau institutionnel (qu’on qualifie souvent de « face cachée » de l’organisation) et qui fait lien, contrat, règle et loi entre les individus.

 

Disons, pour résumer, qu’un superviseur socianalyste saura faire reconnaître au  coach sa propre historicité, avec son histoire de vie, ses figures parentales et ses épreuves. Mais il saura également lui apprendre à repérer les résonnances entre son histoire et  celle de son client. Le superviseur fournit donc des méthodes et des outils théoriques pour décoder les différentes histoires dans lesquelles le coach et le  coaché se trouvent intriqués. Ce double travail contribue à ouvrir les espaces du possible et à aller dans le sens de dépassement  dont parle si bien Sartre : « l’homme se caractérise avant tout par le dépassement d’une situation, par ce qu’il parvient à faire de ce que l’on à fait de lui » plutôt que par une appropriation passive et aliénante de l’ensemble de ses « héritages ».

Ce travail d’équilibriste entre supervision, coaching, conseil et formation nécessite des compétences et des outils. Mais n’est-ce pas ce qui fait la spécificité de la supervision ?

 

Dominique Jaillon

 

 

Références bibliographiques

Bourdieu, P. avec Wacquant, L.J.D. (1992). Réponses. Pour une anthropologie réflexive, Paris. France : Seuil.

Delory-Momberger, C. (2000 ; 2004). Les histoires de vie. De l’invention de soi au projet de formation. Paris : Anthropos.

Gaulejac, V. de (1987). La névrose de classe. Paris : Hommes et Groupes.

Jaillon, D. (2014). Du coaching à l’Accompagnement Professionnel Personnalisé. Paris : Espace éditorial Le sujet dans la Cité/L’Harmattan.

Jaillon, D. (2008). Coaching professionnel : quelles spécificités ? Édition le manuscrit.

Supervision de thérapeutes ou de coachs : quelles différences ?

De mon point de vue, une supervision a pour intention de soutenir et d’éclairer le professionnel sur les processus en cours. Il peut arriver que coach ou thérapeute soit trop pris intellectuellement par le contenu de la demande, qu’il se sente cerné par des enjeux émotionnels, affectifs ou d’urgence de résultats. La supervision est là pour permettre du recul, observer les processus relationnels à l’œuvre dans l’accompagnement (projection, identification par exemple),  repérer les processus parallèles (y compris dans la situation même de supervision), et les phénomènes transférentiels dans lequel le professionnel (et le superviseur) peuvent être captifs.

En cela rien ne distingue une supervision de thérapeute d’une supervision de coach.

Le descriptif de la situation travaillée en supervision va permettre d’observer s’il y a des indicateurs de pathologie qui nécessitent une vigilance accrue sur des comportements (dépendance, signes d’épuisement …)

En cela à nouveau, pas ou peu de différences.

Pas ou peu de différences encore sur les questions relatives à la déontologie ou au cadre de travail, même si certains aspects fonctionnels peuvent différencier ces deux pratiques.

La demande du professionnel, thérapeute ou coach en supervision, se conclut souvent par cet aveu : « Je ne sais plus quoi faire ».  Là encore l’enjeu de la supervision sera de déplier la posture mise en avant pour que le professionnel se sente engagé à être là dans  un face à face favorisant l’émergence des réponses par le client lui-même. Il s’agit moins, pour la supervision, de répondre à la question « quoi faire » que « comment être ». En thérapie, comme en coaching, le meilleur outil du professionnel c’est lui-même.

 

Alors où résideraient des différences ? La demande de thérapie est en général provoquée par une souffrance existentielle que le patient souhaite soigner. La demande de coaching est en général explicitée par une demande de changements, repérable par des résultats escomptés. C’est à ces deux endroits distincts dans leur priorité, que coach et thérapeute sont sollicités, chacun pour leur part. Dans son attention à la souffrance de son client, le thérapeute ne pourra pas évacuer la nécessité d’un changement par des mises en acte. Quant au coach, dans son intention d’accompagner le changement, il ne pourra pas évacuer les enjeux relationnels ou affectifs qui perturbent ce travail. Le superviseur sera attentif à l’une ou l’autre des priorités et s’y tiendra, pour qu’il y ait cohérence entre la demande du client, le travail du coach, ou du thérapeute, et la pratique de la supervision.

 

Jean-Paul SAUZEDE

Echos de nos voisins européens : l’association SCP ITALY

La Norma UNI 11601La Norma UNI 11601 règlemente essentiellement les accréditations de l’activité de coaching en Italie.

La Norma UNI 11601

 

1) Ce qu’elle décrit :

 

Elle norme le service de coaching dans toutes ses phases et clarifie 5 points :

 

– Termes et définitions

– Classification des services de coaching – Conception, offre de coaching et fourniture

du service

Cette partie est le cœur de la norme et contient tout ce qui fait la différence en termes de

qualité dans la pratique de coaching

– Responsabilité

– Mesure et évaluation du service

 

2)  Les raisons qui ont contribué à la constitution d’un groupe spécifique de travail

sur le coaching:

– la demande croissante des entreprises, le marché

– l’existence de 2 dispositions législatives en 2013 : la loi n4 et le décret législatif n13:

 

La loi n4\2013: discipline les professions non réglementées dans les ordres ou collèges et l’agir professionnel de ceux qui exercent une activité économique orientée vers la prestation de service ou de service en faveur d’un tiers.

 

– L’UNI (Ente Nazionale Italiano di Unificazione, association reconnue par l’état

Italien et l’UE qui, depuis presque 100 ans, élabore et publie les normes

techniques dans les secteurs industriels, du commerce et du tertiaire). C’est

donc aujourd’hui l’entité qui élabore et publie les normes techniques  relatives au

coaching

– Les Entités de certification peuvent délivrer le certificat de conformité à la norme UNI

– ACCREDIA (Ente Italiano di Accreditamento, œuvre sous le contrôle du ministère

du développement de l’économie) est le seul organisme national autorisé par l’état à

exercer une activité d’accréditation.

 

DL n13 de 2013 définit les niveaux des prestations pour l’individuation et la

validation des apprentissages et les standards dans le système national de la

certification des compétences.

 

3) Qui sont-ils et comment travaillent-ils ?

Sont réunies depuis 2013 les principales associations de coaching (ICF, AICP, SCP Italy, EMCC, WABC, AC.. ;), les confédérations d’associations (Confassociazioni) et organismes de certification ;

Ils travaillent en respectant 4 principes : le consensus, la démocratie (tous les acteurs économiquement et socialement intéressés peuvent participer aux travaux), la transparence et le volontariat.

 

4) la deuxième norme UNI, que va-t-elle réglementer ?

 

Le travail sur la 2 ème norme a démarré en janvier 2016. Elle s’intitule : « Coach- requisiti di conoscenza, abilità e competenza » (Coach-les connaissances requises, habileté et compétence) ;

Les activités et les tâches du coach se déclinent selon 3 éléments :

Connaissances, Habileté, Compétences

 

Dans ce travail, le cadre de référence est EQF, la seconde norme définira 2 points

importants également : les critères d’évaluation (éléments pour l’évaluation et la

validation des résultats de l’apprentissage) et les aspects éthiques de la profession de

coach.

 

Cette version de la Norme UNI est abrégée. Une version plus complète de ce document est

accessible en suivant le lien vers le site de l’association italienne : http://www.scpitaly.it/

 

*Information recueillie auprès de Anne Soyez, President SCP Italy (Society for Coaching Psychology

Italy), HR consultant, Coach Accreditato, par Jeanne-Elvire ADOTEVI.

Formation de superviseur de coachs – Undici International

formation undiciFormation de superviseur de coachs – Undici International

http://www.undici.fr/formation/perfectionnement-superviseur-de-coachs/

Chaque News Letter, nous présentons une formation à la supervision différente. Il s’agit cette fois-ci de celle de Florence Lamy et Michel Moral.

Spécificités de notre formation

Nous, Florence et Michel, animons ensemble tout au long de ce cursus dans le souci d’articuler arts, sciences et techniques. La principale spécificité de notre formation tient au fait que nous sommes très différents (c’est peu dire…).

Très différents en termes de personnalités, de représentations du monde, de représentations du coaching et de la supervision. Très différents aussi dans nos croyances et nos convictions couvrant à la fois le psychologique, l’émotionnel et le somatique de façon complémentaire.

Pourtant, et cela étonne nos stagiaires, cette diversité ne pose pas problème, bien au contraire elle est source de synergie et offre un modèle d’ouverture.

Les superviseurs en devenir peuvent ainsi bâtir librement leur propre style, tout en construisant une pratique parfaitement professionnelle et éthique.

La formation a reçu le label de qualité ESQA de a part de l’EMCC et délivre 82 CCEU aux membres de l’ICF.

Pourquoi l’avoir lancée en 2012 ?

Nous sommes tous deux câblés pour explorer et approfondir. Ainsi, au début de notre vie de superviseur en 2006 nous avons cherché à en savoir plus en participant aux tout premiers colloques internationaux, puis en faisant des recherches et en publiant (voir http://www.undici.fr/439-2/ ).

C’est tout naturellement que nous avons créé un pilote en 2010 qui a débouché sur cette formation qui en est bientôt à son dixième cycle.

Contribution à la profession

Initialement articulée autour du référentiel des 7 compétences de superviseur de l’EMCC cette formation intègre en permanence les réflexions et recherches les plus récentes sur le développement de la profession, ses techniques et son devenir.

Pour cela, Michel participe à plusieurs groupes de travail internationaux et inter-fédérations (EMCC, ICF, AC, ANSE) sur les accréditations et la déontologie de la supervision.

Boostez votre PEP’S avec PSF !

 

PSF lance un Pôle d’Echanges de Pratiques pour les Superviseurs (PEP’S!) adhérents.

 

Pourquoi ?

– parce qu’une association se nourrit et grandit à partir des échanges entre ses membres,

– parce que nous sommes tous superviseurs et pouvons avoir envie d’apprendre des pratiques de nos pairs,

– parce que, même si nous sommes supervisés pour nos pratiques, échanger entre pairs est une belle occasion de croissance mutuelle où on explicite aussi ses savoirs faire et où on les enrichit dans la discussion.

 

En quoi pourront consister nos échanges de pratiques ?

  • l’échange sur des éléments concrets et communs de nos pratiques (ex : définition du contrat, règles du jeu, appréciation du développement du supervisé, etc)
  • la présentation de modèles ou d’outils que nous utilisons comme superviseurs

– l’analyse de cas de supervisions passées,

– l’invention de nouvelles pratiques ensemble,

– et toute autre idée qui viendrait de vous…

 

Comment ?

– un groupe Pilote de PEP’S se lance pour l’année 2017

– il se réunira cette année quatre fois par Skype et en présentiel le jour de l’AG de PSF le 30 novembre 2017 après-midi.

– les réunions dureront 1h30 et seront co-animées.

– les membres adhérents intéressés à rejoindre le groupe s’engagent pour l’intégralité des séances, s’ils ont confirmé leur intérêt après la première réunion.

– celle-ci servira à définir comment le groupe fonctionnera à partir du désir de chacun et définira son calendrier.

– la dernière réunion de l’année fera l’objet d’un retour d’expérience partagé avec le bureau de PSF, pour décision sur la suite à donner au PEP’S pour les années à venir.

 

Avec qui ?

Jean Luc Ewald et Stéphanie Feliculis sont porteurs du projet du groupe PEP’S qui va fonctionner sur l’année 2017. Jean Luc est investi depuis 2015 dans le groupe  Compétences du superviseur chez PSF. Stéphanie a été membre du bureau en 2015 et elle est accréditée par PSF depuis 2016.

 

Ils sont garants que le groupe fonctionnera comme :

– un groupe qui ne fait pas de la supervision de superviseur, ni de l’analyse critique des pratiques des pairs

– un groupe de pairs qui s’expriment à parité de parole sur leurs pratiques de la supervision

– un groupe qui fonctionne selon les règles de confidentialité, d’ouverture d’esprit et d’engagement de présence et selon des invitations concoctées par Jean Luc et Stéphanie à découvrir le jour J…

 

Quand ? La première réunion est fixée par Skype le jeudi 8 juin de 18h30 à 20h.

 

Comment s’inscrire ?

Rien de plus simple, faites-vous connaître sans délai de :

Jean Luc : jlewald@viavervie.com ou de Stéphanie : sfeliculis@aol.com

 

Si vous êtes intéressé mais non disponible à cette date, merci de nous en faire part.

EDITO NEWSLETTER PRINTEMPS 2017

003-Arnaud-C Arnaud Constancias, Président de PSF

 

Avec le printemps fleurissent les projets.  PSF a l’énergie et l’entrain de sa jeunesse, à quatre ans, on n’est plus un bébé !

Voici donc des nouvelles fraîches, en ligne avec la stratégie détaillée lors de la dernière Assemblée Générale.

Tout d’abord, nous lançons le PEPS, groupe de Partage et d’Echange de Pratiques de Superviseurs. C’est inédit je crois et c’est un vrai service pour nos adhérents. L’idée germait depuis un certain temps mais il fallait des personnes motivées pour le porter. Stéphanie Féliculis et Jean-Luc Ewald se sont déclarés en même temps et vous présentent leur proposition commune dans cette lettre. Compte tenu de la qualité de nos adhérents, ce devrait être très riche.

Deuxième projet fort : un atelier sur les points communs et différences entre les différentes supervisions : de coaching, thérapeutique, de managers, de travailleurs sociaux. Ce devrait être un débat passionnant et éclairant ce 22 juin. Merci de réserver cette date.

Le choix de cet atelier est en lien avec notre désir de représenter toutes les supervisions. C’est un élément dans la stratégie d’ouverture qui est dans notre raison d’être. Nous souhaitons amplifier cette dernière grâce aux énergies de René-David Hadjadj et de Martine Volle qui mènent un groupe en charge de cette ambition.

Je pense que chaque adhérent peut aussi contribuer à cette ouverture en invitant à nous rejoindre ceux qui dans ses relations pratiquent une autre supervision que celle de coach.

En termes de stratégie et de positionnement de PSF dans le paysage français, il est important de faire mention de nos rencontres récentes avec les président(e)s des trois grandes associations de coaching. Nous sommes allés encore plus loin et envisageons des collaborations plus étroites : Nous avons d’ores et déjà co-animé avec Gabriel Hannes, président de l’EMCC un speed dating superviseurs/coachs en janvier et inaugurerons avec SF Coach un atelier pratique et théorique sur la supervision le 30 mai. Des actions sont prévues avec l’ICF. J’ai enfin présenté PSF lors du colloque annuel d’EMCC en mars.

En termes de stratégie, le bureau a invité les membres d’honneur de PSF à nous apporter leurs lumières pour rêver et réfléchir aux inflexions de notre stratégie à court et à moyen terme et aussi pour apporter un aide concrète dans ce sens. Gilles Dufour, notre ancien président coordonne ce think tank avec Florence Lamy, Teresa Garcia, Michel Moral et Gilles Roy.

Notre présence à l’international se conforte, grâce à notre vice présidente International, Jeanne-Elvire Adotevi qui est en lien constant avec l’ANSE, Association of National Organisations for Supervision in Europe ; elle sera aussi à Oxford à la 17° Conférence Internationale sur la supervision à Oxford en mai, avec Emmanuel Müh.

Enfin, notre commission sur les compétences spécifiques du métier de superviseur touche à son but et rendra sous peu ses derniers arbitrages.

Nous allons profiter du printemps pour toiletter et rajeunir notre site et utiliserons quelques ressources financières à cet effet.

Voici pour ce qui concerne notre actualité.

Cette news letter vous apporte également des informations nombreuses, comme le billet sur la supervision en Italie ou encore notre calendrier d’actions collectives.

Comme d’habitude,  elle met l’accent sur un organisme de formation à la supervision : cette fois-ci il s’agit d’Undici.

Enfin, nous vous proposons deux libres propos sur la supervision et j’en remercie leur auteur : Jean-Paul Sauzède et Dominique Jaillon.

Nous gardons également une place pour féliciter parmi nos membres ceux qui ont réussi leur accréditation PSF. Bravo pour leur exemplarité et leur investissement !

Bonne lecture ! Et à bientôt

22 JUIN : CROISONS NOS PRATIQUES AVEC CURIOSITÉ

Chers superviseurs PSF,

 

Croisons nos pratiques avec curiosité ! pour confronter nos regards sur ce qui rassemble ou sépare les différentes approches de la supervision selon leur objet.
Nous avons le plaisir de vous convier le 22 juin 2017 au Forum 104 à Paris de 19h à 21h pour une table ronde qui rassemblera  des superviseurs de thérapeutes, de coaches, de travailleurs sociaux, de managers. Un cocktail clôturera nos échanges.

 

La supervision fut adoptée très vite par les coachs qui ont voulu prendre soin de leur professionnalisation, puis professionnalisme. Pour autant, les milieux médico-sociaux, psychologues, éducateurs, etc, utilisent depuis longtemps la supervision et l’analyse de la pratique.
  • Que pouvons-nous apprendre d’une rencontre entre superviseurs de ces différents champs d’interventions ?
  • Quel enrichissement commun pouvons-nous en tirer ?
  • Quelles découvertes, en rupture avec nos modes de fonctionnement, pouvons-nous accueillir ?
Croisons « le faire  » de nos pratiques avec curiosité pour confronter nos regards sur ce qui rassemble ou sépare les différentes approches de la supervision selon leur objet.
Au plaisir de se retrouver le 22 juin et par le biais de la prochaine newsletter pour plus d’informations sur le programme et la vie de l’association.

 

Le Bureau PSF et les organisateurs
René-David Hadjaj et Martine Volle

Dans ma pratique de superviseur, si j’étais …

Portrait Chinois de Florence Vitry, superviseur et membre de PSF

Dans ma pratique de superviseur, si j’étais….

signe ponctuation… Un Signe de ponctuation

« Alors, j’abuserais des questions « puissantes ». J’ouvrirais des permissions. Les silences seraient pleins. J’offrirais des parenthèses enchantées pour susciter diversité et liberté.

J’apostropherais les coachs pour faire part de mon étonnement !

Et je saurais proposer des points d’ancrage pour stimuler le processus créatif. »

 

oiseau… Un Oiseau

« Alors, j’aiderais les coachs à prendre leur envol, à gagner en hauteur de vue pour faire des liens entre les êtres et les situations, à repérer les reflets et les projections, à se défier de leurs schémas.

Ils pourraient compter sur moi pour alléger leur fardeau et apprendre à atterrir aussi.

Je saurais les amener à s’affranchir de la pesanteur pour considérer avec recul et finesse la relativité de toute chose et savoir jouer, surfer, avec tous les courants et dynamiques émergentes. »

 

Musicien… Un Musicien

« Alors, je donnerais le « la », guiderais l’orchestre, ferais vibrer les cordes des coachs, mettrais quelques bémols, changerais le rythme, permettrais à chacun de faire entendre sa petite musique propre à inspirer les autres.

Parfois je remettrais de l’harmonie, parfois je saurais utiliser la cacophonie, jouer des dissonances et étonner aussi par un changement de tempo ! »

 

Couleur rouge… Une Couleur

« Alors, je serais l’arc en ciel et j’installerais du bleu pour fournir un cadre propice à l’alliance et au développement, je repeindrais les questions en vert pour favoriser divergence et créativité, je dessinerais en orange les reflets systémiques, avec l’indigo j’élèverais le niveau de conscience et de compétences, je déploierai du rouge pour questionner et stimuler la réflexion et la conscience éthique, et j’apporterais quelques touches de violet pour gérer les moments chauds. «

Propos recueillis par Emmanuel Müh

Pour en savoir plus sur Florence Vitry : cliquer sur le lien

Focus Recherche

« Mais pourquoi donc n’êtes vous pas supervisés ? »

PSF vous a posé la question*. Voici ce que vous répondez.

« Coachs et superviseurs, pourquoi donc n’êtes vous pas supervisés ? »

PSF vous a posé la question*. Voici ce que vous répondez.

« Trop cher ! » Pour un quart des coachs interrogés, l’activité n’est pas assez importante pour justifier une supervision. Pour un autre gros quart, le prix est trop élevé.

« Les deux items sont liés je pense, commente Arnaud Constancias de PSF, et vous qui êtes superviseurs, vous savez que lorsque les coachs n’ont que deux ou trois coachings en cours, ils peuvent hésiter à payer une supervision ».

La question du prix de la supervision reste donc un vrai sujet, tant l’économie du coaching s’avère pour beaucoup, précaire.

Focus Recherche PSF« Je cherche le bon superviseur… » Un quart des répondants de l’enquête fait mention de la rencontre. Beaucoup n’ont pas rencontré le superviseur qui leur convient.

Et le fait est qu’il n’est pas facile de faire le choix d’un superviseur. « C’est pourquoi nous organiserons cette année un « speed dating » entre superviseurs et coachs, précise Arnaud Constancias, pour contribuer à faciliter ces rencontres ».

« Je suis de toute façon en groupe de pairs…. » Intéressant aussi de réaliser que les coachs qui ne recourent pas à la supervision essaient de trouver des substituts- preuve de l’utilité pour eux d’un regard extérieur.

S’ils utilisent de façon préférentielle le groupe de pairs (55%), ils utilisent aussi d’autres moyens plus artisanaux voire discutables tels les échanges « ponctuels »,  les échanges avec le conjoint ou l’associé.

« Bref, conclut le Président de PSF, nous avons encore du travail pour convaincre les coachs de la nécessité de la supervision et aussi pour trouver des solutions flexibles afin de répondre à leurs besoins et à leur réalité économique ».

*Source Enquête PSF 2014 – En partenariat avec l’EMCC France et la SF Coach (cliquer sur le lien). 269 répondants, coachs et superviseurs.

Une enquête à spectre large, centrée le métier de la supervision qualifiant – outre les raisons de non supervision :

  • Le nombre d’années d’exercice, d’heures de coaching et ou de supervision, le CA
  • Le référentiel théorique de référence
  • Le travail en thérapie
  • La nature de la supervision pour les coachs, et de l’hypervision pour les superviseurs
  • Les critères de sélections du superviseur
  • Les attentes principales envers son superviseur
  • Les compétences attendues d’un superviseur
  • Les attentes envers le métier de la supervision
  • Les attentes spécifiques des RHs et des prescripteurs

Le futur de la supervision des coachs

Nouvelles terres de conquête pour les formations à la supervision des coachs, nouvelles perspectives sur les compétences de superviseur…. Ca bouge dans la supervision, explique Michel Moral, superviseur accrédité EMCC !

Nouvelles terres de conquête pour les formations à la supervision des coachs, nouvelles perspectives sur les compétences de superviseur…. Ca bouge dans la supervision, explique Michel Moral, superviseur accrédité EMCC.

La mise en place d’un jeu de Go mondial

Le continent Nord-Américain et l’Asie sont d’abord devenus terres de conquête : les formations de superviseur s’y multiplient, en majorité importées d’Europe. Pour l’instant seulement… car j’en connais qui piaffent là-bas !

ANSE ECVisionEt puis les associations « de l’Ouest » (EMCC, ICF, AOCS) ont commencé à travailler avec celle « de l’Est » (ANSE, Association of National organisations for supervision en Europe) qui elle-même développe des liens en Asie.

La parution, en mars 2015, des 24 compétences d’ECVision ( ANSE + Eurocadres)- travail sponsorisé par l’Union Européenne, a ouvert de nouvelles perspectives en introduisant plus de système et d’organisation dans le référentiel.

Les pierres d’un vaste jeu de Go mondial se mettent en place.

Les qualités du superviseur à la loupe

En Europe, deux conceptions coexistent :

  • Première conception: Les compétences et les techniques du coaching sont suffisantes pour faire de la supervision de coachs. Les différences avec le coaching sont alors la finalité de l’exercice et la posture du superviseur dans une relation où tout le savoir est partagé. Pour les uns, la supervision est bien un autre métier. Pour les autres, c’est seulement un changement d’état d’esprit.
  • Deuxième conception. Coaching et supervision sont deux activités bien distinctes qui requièrent des compétences et des techniques spécifiques. Pour les associations qui suivent cette ligne, la différence avec le coaching est nette. Seule une partie du savoir est partagée.

Dans les deux cas, se pose la question des qualités du superviseur : savoir être, savoir-faire, savoir-faire-réussir, autorité, responsabilité, savoir, aptitudes, comportements. La question du professionnalisme se pose.

L’interrogation autour de « art, science ou les deux ? » vient ensuite, suivie de celles de la formation et de l’accréditation, même pour l’art qui s’enseigne aussi.

Pour y répondre, les Fédérations de coachs et/ou de superviseurs ont chacune publié leur position et, pour certaines, des offres d’accréditation.

Sans conteste, la deuxième conception bénéficie d’une meilleure dynamique et pourrait l’emporter à terme. Quoique…

Les Fédérations en avance sur le marché

Au final, les discussions entre « thought leaders » au niveau international se résument ainsi : le travail des Fédérations reste en avance sur les besoins du marché.

Le futur de la supervision dépend in fine d’un seul facteur fortement prévalent : l’attention portée par les organisations à la supervision et à son impact, positif ou négatif sur le coaching.

Les recherches sur cet impact n’avancent que lentement… Moins vite que celles sur l’impact de la « culture Coaching » sur la performance des entreprises.

Michel Moral

Master coach & Superviseur accrédité EMCC

Auteur avec Florence Lamy de « les outils de la supervision », InterEditions.